Interview Rav Eliyahou

Interview

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UN ENTRETIEN AVEC RAV ELIYAHOU MERGUI, DU CENTRE COMMUNAUTAIRE A.T.I.S. DE NICE

Que représentent à vos yeux les 50 ans de l’A.T.I.S. ?

Rav Eliyahou Mergui : A mes yeux, rien de spécial. La transmission, base de la connaissance de la Torah, chaîne longue de plusieurs millénaires depuis Moché Rabbénou,et que chaque Juif a pour obligation de perpétuer, peut et doit avoir lieu n’importe où. En soi, le lieu n’est pas essentiel. Mais c’est vrai, le fait de nous inscrire dans un centre qui existe depuis un demi-siècle, étape importante, symbolique nous confère une responsabilité plus grande envers ce qui a été créé jadis et développé depuis. En priant, en étudiant dans ce lieu, nous rendons hommage à tous ces pionniers, les fidèles, les fondateurs aujourd’hui disparus et qui se sont investis dans cet espace. Mais je le répète, ce qui compte, c’est que nous tous prenions conscience de notre devoir : l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot. L’objectif, c’est ce que l’on vit tous les jours, ce futur que l’on doit bâtir et le passé est un renfort, un encouragement à continuer.

Pouvez-vous définir l’A.T.I.S. en quelques mots ?

Rav Eliyahou  : Il s’agit d’un centre communautaire qui englobe tout ce que cette appellation recouvre : synagogue, Mikvé (hommes, femmes et ustensiles), salle d’étude, Talmud-Tora, salle de réception, salles de jeux. Nous aidons aussi les plus démunis par des prêts, des dons et nous hébergeons depuis treize ans le seul restaurant du cœur cachère de la Côte d’Azur, la Table Ouverte, géré par son fondateur, Michel Grosz. Nous disposons d’un service de ‘Hévra Kadisha indépendant et nous organisons des enterrements qui respectent rigoureusement la Halakha. A l’A.T.I.S. on accompagne un membre, un ami, un frère, depuis sa naissance jusqu’à son dernier jour, à travers son évolution dans la Torah, dans sa vie. L’A.T.I.S. c’est comme une grande famille.

En parlant de familles, combien y en a-t-il à l’A.T.I.S. ?

R. Eliyahou : Il y en a une petite centaine qui côtoient l’A.T.I.S. de façon régulière mais plus largement nous touchons 800 foyers inscrits dans nos fichiers.

Quelles sont vos principales missions ?

R. Eliyahou : Enseigner la Torah, transmettre à ceux qui sont intéressés un judaïsme authentique, dispenser un Talmud-Tora accueillant et personnalisé, garantir une Kacherout  de qualité, offrir un Mikvé de tout confort et de haut standing. Nous sommes disponibles pour tout ce qui est nécessaire à la vie juive : circoncisions, bar et bat-mitsvot, mariages, vente de mezouzot et tefillin, vérification de chaatnez. Nous accueillons les candidats à la conversion avec toute la bienveillance et l’exigence requises. Dans le sillon de mes prédécesseurs, Rav Bendavid z’l ; Avi Mori Rav Mergui, Rav Haliwa, Rav Ibgui, Rav Benadiba, notre objectif, avec mon ami Rav Gad Amar qui a rejoint l’équipe de l’A.T.I.S. il y a maintenant trois ans et le Président M. Alain Pardo, est de ne pas se complaire dans un judaïsme de mascarade, de folklore ; j’essaie de pousser à la réflexion, à l’étude, à la connaissance, à l’approfondissement et vivre une Torah plus authentique, plus proche du Texte. On veut tirer les fidèles vers le haut. Cela n’empêche pas les réjouissances, la convivialité, bien au contraire…

Pouvez-vous nous décrire une de vos journées-type ?

R. Eliyahou : Téfila à 6h45 suivie d’une petite étude de ’Houmash et de Halakha avant que les gens n’aillent vaquer à leurs occupations. Ensuite au cours de la journée, je m’occupe de tout ce qui peut toucher à la vie de la communauté. Je donne des cours à l’école Or-Torah, j’étudie à la Yéchiva du CEJ, je réponds aux questions, j’accompagne les fidèles en deuil, je m’occupe des cérémonies, des affaires courantes. En fin d’après-midi, je donne une heure de cours de Guémara (en ce moment Kétouvot) du lundi au jeudi, avant Min’ha ou après Arvit selon la saison (le dimanche une étude sur Rambam). On trouve dans ce groupe, et c’est une de mes plus grandes satisfactions, à la fois des jeunes adolescents ayant fait leur Bar-Mitsva qui nous rejoignent après leurs cours du collège, des étudiants, des actifs et des retraités. Nous sommes chaque soir une bonne douzaine dans une ambiance à la fois détendue et studieuse, sans tabou. Après la prière du soir, au cours de laquelle je distille quelques Halakhot entre Min’ha et Arvit, un cours est dispensé chez moi une fois par semaine aux femmes et un autre soir à un groupe d’étudiants. Le soir j’étudie à la Yéchiva avec mon ‘haver, Docteur Johann Drai.

Des journées bien remplies donc ! Comment définiriez-vous la place de l’A.T.I.S. dans le paysage communautaire azuréen et par extension dans la cité ?

R. Eliyahou : L’A.T.I.S., fondée en 5723 (1963) par mon grand-père Joseph Pardo z’l, avait pour but de donner aux habitants de la région une synagogue, un cimetière, un Mikvé placés sous l’autorité de Dayanim reconnus, sans aucune concession par rapport à la Halakha. Ce n’est pas aux politiques, fussent-ils bien intentionnés, aux administrateurs, fussent-ils performants, ou aux donateurs, fussent-ils généreux, de gérer la destinée spirituelle d’une synagogue mais à la Halakha et à l’intelligence des Mitsvot qui s’en dégage ; intelligence qui nous ouvre vers l’autre et donc vers Hachem. L’A.T.I.S. est accueillante envers quiconque, sans différence dans sa pratique ou son statut, tout le monde peut entrer mais le corollaire de cette ouverture est que nous essayons de céder le moins possible au niveau halakhique. Certes, il est de plus en plus difficile, à l’époque actuelle, de faire comprendre que dans une synagogue il y a une tenue, un respect à avoir mais avec douceur et amabilité nous faisons notre possible pour maintenir ce que tout Juif devrait respecter.

Diriez-vous que l’A.T.I.S. apporte une valeur ajoutée aux institutions de la ville ?

R. Eliyahou : Outre ce qui a déjà été cité, je crois que nous pouvons être fiers de ce que nous faisons en direction des jeunes. Je pense qu’il y a un âge entre la bar-mitsva et le mariage, ou la trentaine, où beaucoup de nos coreligionnaires ne trouvent pas de lieu communautaire dans lequel ils sont à l’aise. Ils se sentent en décalage avec l’ambiance de la synagogue. Ici on a su créer pour eux et avec eux un espace où ils se retrouvent fréquemment d’eux-mêmes, pour se divertir certes mais aussi pour étudier et prier. Tous les jours ils sont là et ils font le Minyan et le Limoud, et ils organisent des rencontres. Hodou l’Hachem Ki Tov Ki Léolam ‘Hasdo ! 

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